SAINTE-RITA À PARIS L’église des bêtes bientôt sacrifiée

    « Mon perroquet a un petit coup de mou, alors je l’ai amené » : où iront les propriétaires d’animaux quand la chapelle Sainte-Rita, qui accueille à Paris les animaux aux offices, aura laissé sa place à des logements ?

    «Sauvons la paroisse. Oui à la liberté religieuse »: des banderoles ont été déployées sur les grilles de l’édifice Sainte-Rita, dans le XVe arrondissement de la capitale, en riposte aux avis de démolition affichés à la hâte. La petite église parisienne, où sont bénis des centaines d’animaux chaque année, doit être démolie pour laisser la place à des logements sociaux. Et les paroissiens, réunis pour la grand-messe dominicale, ne décolèrent pas. « Une honte », « un scandale », « on gardera notre église, ici on croit au miracle », entend-on dans la nef qui accueille une centaine de fidèles, certains avec leur animal de compagnie. L’église est l’une des rares en France à accepter que les animaux assistent aux offices. « Mon perroquet a un petit coup de mou, alors je l’ai amené », raconte Mauricette. François fait 80 kilomètres tous les dimanches pour venir avec Venus, un caniche qui porte sur son dos une pancarte : « Touche pas à mon église ». « Certains viennent avec la photo ou le collier de leur chien décédé. Les bêtes ont leur bon Dieu, pourquoi le leur enlever ? », interroge Lucie.

    Patronne des causes désespérées

    Eglise Sainte Rita Bénédiction d'un dromadaire 2005

    Eglise Sainte Rita Bénédiction d’un dromadaire 2005

    L’Eglise catholique gallicane, qui célèbre la messe en latin, est très populaire. « Le culte de Sainte-Rita, patronne des causes désespérées, attire des fidèles du monde entier », relève Mgr Dominique Philippe, archevêque catholique gallican de Paris, qui officie depuis 29 ans dans cette paroisse. « Un couple vient exprès de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) tous les dimanches. Des Chinois, des Américains, des Japonais veulent absolument se marier chez nous », raconte-t-il. L’église est surtout célèbre pour sa bénédiction annuelle des animaux qui attire, chaque premier dimanche de novembre, 900 adeptes. « Une paroissienne vient avec son chien du Jura en taxi car celui-ci ne supporte pas le train, une autre de Normandie avec ses quatre furets. J’ai béni des zèbres, des dromadaires et même un bébé tigre », s’amuse l’archevêque.

    Mais les ennuis ont débuté il y a deux ans. Le propriétaire de l’époque, l’association cultuelle des Chapelles catholiques et apostoliques, entame une procédure d’expulsion des occupants avant de vendre le lieu à un promoteur. Le bâtiment, non classé, est jugé sans intérêt patrimonial ou architectural par la commission du Vieux Paris, qui rend des avis sur le patrimoine et l’urbanisme de la capitale. Le permis de démolir est délivré. « Pour acheter l’édifice, il faudrait réunir 3,3 millions d’euros. C’est impossible. J’espère trouver les fonds pour un local plus modeste », souligne Mgr Philippe. Le tribunal administratif de Paris a rejeté le recours déposé par l’association de défense de Sainte-Rita. Les occupants ont six mois, à compter de la notification du jugement, pour quitter les lieux.

    Le Républicain Lorrain

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