Paris : l’église Sainte-Rita échappe (pour le moment) à sa démolition

    VIDÉO. Mobilisés devant l’église Sainte-Rita à Paris, riverains et élus locaux font blocus depuis lundi pour empêcher sa démolition.

     

    Paris : mobilisation autour de l'église Sainte… par LePoint
     

    Ambiance électrique à Sainte-Rita. Vendue il y a trois ans à un promoteur immobilier, l’église gallicane parisienne vit ses derniers jours. Mais qu’à cela ne tienne, ils sont plus d’une cinquantaine à faire blocus devant cette paroisse du 15e arrondissement de Paris, depuis lundi. Quelques irréductibles, riverains, paroissiens d’ici ou d’ailleurs, mais aussi élus du quartier, qui « attendent un miracle » de Sainte-Rita, patronne des causes désespérées. Quitte à provoquer le destin.

    Mardi matin, 6 heures, les ouvriers du chantier, refoulés la veille, entament discrètement les travaux préparatoires. Les palissades installées, les riverains se réveillent à peine. Les premiers arrivés s’interposent, élus en tête, dont Philippe Goujon. Le ton monte. La police doit intervenir. Le député-maire (LR) du 15e assure avoir été menacé avec un marteau. Et d’ajouter qu’une adjointe, brutalisée, avait dû rentrer chez elle « traumatisée » alors qu’elle « venait d’accoucher ». S’ensuit un démenti formel de la société Garibaldi, acquisiteur des terrains. Pas suffisant cependant pour que la démolition ne s’engage.

    En effet, au-delà des possibles injures, menaces et coups portés, c’est l’irrégularité de la démarche qui est contestée. « Les travaux ont commencé à 6 h 30 au lieu de 7 heures (l’heure réglementaire), aucune règle de sécurité n’a été respectée, les travaux empiétaient sur la chaussée », énumère Philippe Goujon. « Nous avons fait démanteler par la police toutes ces emprises de chantier irrégulières. » L’entreprise de démolition a donc dû quitter les lieux pour la seconde fois. Les opposants au projet ne comptent pas en rester là et souhaitent établir des tours de garde pour « veiller » sur ce « marqueur du patrimoine culturel et religieux ».
    Pas de terrain d ‘entente

    Autre argument qui pourrait faire pencher la balance en faveur des fidèles – ou, du moins, retarder l’échéance : la présence d’amiante sur les 500 m2 de terrains qu’occupe l’église. « Détruire le bâtiment sans le désamianter reviendrait à contaminer toute la rue », estime François Lusinchi, président de l’association Les Arches Sainte-Rita, en tête de la fronde. Une irrégularité que conteste la société Garibaldi : « Le promoteur refuse de nous recevoir et nous accuse d’avoir introduit l’amiante dans l’église. » De son côté, la mairie de Paris refuse également d’arbitrer le conflit, une « affaire privée » selon elle. Dans un communiqué, elle rappelle que le bâtiment n’est pas classé monument historique et que le rite « catholique gallican » n’a aucun lien avec le diocèse de Paris. L’église Sainte-Rita est réputée pour la messe qu’elle donnait chaque année pour les animaux. Depuis trois décennies, les compagnons des fidèles y recevaient, comme leur maître, la bénédiction du prêtre.

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