L’église Sainte Rita dans le 15e arrondissement sera-t’elle rasée ?

    Les paroissiens, réunis pour la grand-messe dominicale, ne décolèrent pas. “Une honte”, “un scandale”, “on gardera notre église, ici on croit au miracle”,
    entend-on dans la nef qui accueille une centaine de fidèles, certains avec leur animal de compagnie. L’église est l’une des rares en France à accepter que les animaux assistent aux offices.

    PARIS XV

    Eglise Sainte Rita rite gallican – PARIS XV



    Cela fait déjà deux ans que l’église Sainte Rita, patronne des causes désespérées, est l’objet d’une fervente bataille entre promoteurs immobiliers et ses fidèles.

    L’église Sainte-Rita de rite gallican devrait être démolie. Faute de moyens pour l’entretenir, l’association culturelle suisse, l’Église apostilique de Suisse, propriétaire des murs l’a vendue. Elle laissera place à une trentaine de logements sociaux.

    L’Église gallicane de Paris souhaitait racheter l’édifice mais il lui aurait fallu récolter plus de 3 millions d’euros. Et le miracle ne s’est pas produit, pas de généreux donateurs en vue.

    Pourtant, cette paroisse située dans le 15e arrondissement est très populaire. Les messes sont très fréquentées en raison de sa particularité : la bénédiction annuelle d’animaux qui attire jusqu’à 900 fidèles, mais aussi beaucoup de curieux du monde entier. 

    Les riverains et les fidèles sont consternés. L’église de style néogothique a été jugée sans intérêt architectural et patrimonial par la Commission du Vieux Paris chargée de donner son avis sur le patrimoine et l’urbanisme de la capitale lors des demandes de permis de démolition.

    Depuis l’affichage des panneaux de démolition mardi dernier, c’est un défilé continu devant l’église. “Sauvons la paroisse. Oui à la liberté religieuse”: des banderoles ont été déployées sur les grilles de l’édifice, dans le XVe arrondissement de la capitale, en riposte aux avis de démolition affichés à la hâte en début de semaine.

    Les ennuis débutent il y a deux ans. Le propriétaire de l’époque, l’association culturelle des Chapelles catholiques et apostoliques, entame une procédure d’expulsion des occupants avant de vendre le lieu à un promoteur.

    Mgr Dominique Philippe, archevêque catholique gallican de Paris, qui officie depuis 29 ans dans cette paroisse garde espoir. “J’ai béni des zèbres, des dromadaires, des lamas, des tortues et même un bébé tigre”, s’amuse l’archevêque qui a repris en 1988 l’édifice, alors fermé depuis douze ans.”Un
    couple vient exprès de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) tous les dimanches. Des Chinois, des Américains, des Japonais veulent absolument se marier chez nous”
    , raconte-t-il. Durant l’office, il interpelle les fidèles sur la menace qui pèse. “Dieu veut que nous gardions notre église et que nous ne soyons pas des errants”, lance-t-il, levant les mains au ciel.

    Le tribunal administratif de Paris doit se prononcer le 11 mars sur la requête de l’association de défense de Sainte-Rita qui a attaqué les permis de démolir et de construire.

    Nous allons écrire à Manuel Valls (ministre de l’Intérieur et des Cultes), puis éventuellement déposer un référé-liberté au nom du principe de la liberté
    religieuse”
    , assure François Lusinchi, président de l’association. “Si ce lieu ferme, les paroissiens qui veulent suivre le culte catholique gallican devront
    aller à Bordeaux ou en Belgique”
    , déplore-t-il.

    Le maire du XVe arrondissement, Philippe Goujon (UMP), a  saisi la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) pour qu’elle attribue au bâtiment le label: “Patrimoine culturel du XXe siècle”. “Détruire une église, c’est un acte d’une violence inouïe”, estime l’édile.

    En attendant, une manifestation de soutien qui rassemblera fidèles et animaux est prévue le 15 mars sur le parvis de l’Hôtel de Ville.

    Reportage de Fernando Malverne, Nedim Loncarevic et Mohamed Chekkoumi

     

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